Une manière singulière d’être au monde

Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais “trop”. Trop intense, trop rapide, trop sensible, trop investie.

Alors j’ai fait ce que beaucoup font : j’ai essayé de me lisser, de m’adapter, de rentrer dans un rythme qui ne m’appartenait pas vraiment. Jusqu’au jour où, à travers mon quotidien et celui de ma famille, j’ai compris quelque chose de simple : ce que l’on appelle aujourd’hui la neuroatypie — ces fonctionnements un peu différents comme le TDAH, les troubles dys, l’autisme ou d’autres fonctionnements cognitifs singuliers — n’est pas forcément un problème à corriger. C’est d’abord une manière singulière d’être au monde.

Et non, ce n’est pas toujours un trouble. Parfois oui, parfois non. Tout dépend de l’impact que cela a sur la vie professionnelle, relationnelle et personnelle.

Ce que je vois souvent, en revanche, ce sont des personnes qui s’épuisent à vouloir fonctionner “comme il faudrait”.

Arrêter de lutter contre soi

La vraie bascule ne vient pas d’un diagnostic ou d’une étiquette. Elle vient du moment où l’on se demande : Comment je peux travailler avec mon fonctionnement plutôt que contre lui ?

Car la neuroatypie peut aussi être une force incroyable : capacité d’hyperfocus, créativité, pensée rapide, sensibilité relationnelle… à condition d’apprendre à réguler son énergie.

Quelques ajustements simples peuvent déjà changer beaucoup :

Penser en cycles plutôt qu’en journées linéaires

Les pics d’énergie existent. Les creux aussi. Les respecter évite bien des saturations.

Penser en rétroplanning et séquencer les étapes

Partir du résultat final, découper en micro-étapes visibles et concrètes aide à éviter la surcharge mentale et à maintenir la motivation sans se perdre dans l’ampleur de la tâche.

Sortir le mental de sa tête

Écrire, visualiser, poser les idées à l’extérieur soulage immédiatement la charge cognitive.

Simplifier les interactions

Clarifier ce qui est attendu, oser demander des cadres précis : moins de flou, moins de fatigue invisible.

Créer ses propres régulateurs

Marcher cinq minutes, s’isoler brièvement, respirer profondément… ce ne sont pas des pauses “en trop”, ce sont des ajustements nécessaires.

Petit à petit, on cesse de se voir comme “inadapté·e” et on commence à exploiter ses forces autrement : plus de performance, mais surtout plus de plaisir.  

neuroatypie mon alliée

 

Quand l’accompagnement devient utile

Pour certaines personnes, la neuroatypie peut aussi générer de vraies difficultés. En Haute-Loire, plusieurs structures-ressources existent pour les adultes.

Liste des structures-ressources

Parce que chaque parcours est unique, on peut aussi se rapprocher de professionnels de santé et/ou de l’accompagnement (psychiatres, psychologues, neuropsychologues, ergothérapeutes, coachs spécialisés…). Ils vous aideront à mieux comprendre votre fonctionnement et à ajuster votre équilibre personnel et professionnel.

Cette liste reste bien sûr non exhaustive : si vous connaissez d’autres ressources utiles pour les adultes en Haute-Loire, n’hésitez pas à les partager avec l’équipe Strada afin d’enrichir les repères accessibles à tous.

Travailler avec sa neuro-atypie, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre en s’épuisant. C’est apprendre à se connaître pour avancer autrement.  

Léticia Granger, Coach professionnelle ,prévention burn-out et équilibre de vie. 

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